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Interview n°17 : Jim Caviezel

Voici un interview de l'acteur Jim Caviezel, datant de Février 2013 en plein tournage de la saison 2, à New York.

Énigmatique, sympathique, parlant à voix très basse, très calme puis prompt à rire à gorge déployée, Jim Caviezel redéfinit le mot "intense".

Allociné : Vous souvenez-vous de la première fois où vous avez lu le script de "Person of Interest" ?

Jim Caviezel : Oui. J'étais à Sylvania, en Géorgie. Je tournais un film là-bas et je me souviens que j'avais parlé à mon assistant le soir précédent. Depuis La Passion du Christ, les choses avaient été plutôt calmes pour moi et il me disait qu'il pensait que ça allait changer. Je lui ai demandé : "Comment tu peux savoir ça ?" C'était tellement drôle parce que, le lendemain matin, il m'appelle et me dit : "Ta vie vient juste de changer, Jonathan Nolan te veux pour ce personnage".

J'ai lu le scénario et ça avait le parfum d'un film, je me suis dit que si je devais tourner un film pour un grand studio, ce serait celui-ci. Je ne me suis posé aucune question.

 

Ce qui est à noter aussi c'est que quelque temps avant, j'étais en Angleterre avec Ian McKellen pour faire la promotion de la minisérie Le Prisonnier et, le premier soir, j'ai vu Kiefer Sutherland qui faisait, lui, la promo de la dernière saison de 24. On a bu un verre ensemble ce soir-là et le lendemain matin, un volcan a fait éruption en Islande et nous n'avons pas pu prendre nos avions respectifs. Alors, tous les soirs on passait du temps ensemble avec Kiefer. Ca a duré huit soirées comme ça, puis on a finalement pu prendre un avion et je me souviens de m'être alors tourné vers mon agent en lui disant : "Si tu trouves un nouveau 24, fais-le moi savoir..."

 

Au début, on pourrait croire que la série va être une sorte de "Minority Report" version télé mais on se rend vite compte qu'elle n'a rien à voir avec tout ça. Il y a un côté procédural mais, très vite, il se fait oublier au profit d'arcs, de fils rouges et du développement des personnages. Vous pensez que c'est pour cela que le public apprécie autant le show ?

Oui... je pense qu'il y a un peu de ça. Mais, je pense que plus généralement, l'universalité du thème de la rédemption y joue beaucoup. C'est aussi quelque chose qui m'attire en règle générale, spécialement à notre époque. Dans la scène finale du pilote, Finch dit à Reese: "On ne va probablement pas sortir de cette mission vivants." Je ne me souviens pas du dialogue exact mais il évoquait le fait que cette nouvelle mission allait sûrement leur valoir la mort. Mais ce n'est pas ce qui préoccupe John Reese puisqu'il était déjà mort.

La rédemption morale du personnage et celle des gens en général, tend vers ça : le pardon existe, la compassion existe, l'amour existe. On se dit alors qu'on peut être capable de trouver de l'aide, de la trouver dans sa propre humanité, dans ses propres faiblesses... (Silence) En fait, je ne sais pas trop vers où je vais là... Peut-être que vous pourriez m'aider (rires) !

 

Est-ce qu'on peut dire que chaque affaire que traite Reese l'aide en quelque sorte à retrouver son humanité, pièce après pièce ?

Oui, tout à fait, on pourrait dire qu'il la retrouve à travers tout ça. Le point étant qu'il se dit : "Si je dois tuer des tyrans dans le but de sauver d'autres gens, je le ferai". Je me souviens d'avoir regardé des super séries quand j'étais enfant et d'avoir espéré que les histoires qu'elles racontaient soient vraies. Si seulement il pouvait vraiment y avoir un exterminateur de petites brutes qui arrive pile au moment où l'on est en train de se faire tabasser. Puis, mon père m'a inscrit à des cours d'arts martiaux, j'en ai fait pendant quatre ans puis je me suis mis au basket ball. J'ai essayé d'apprendre à me défendre et à me battre. J'ai été capable d'être plus calme et de comprendre les situations quand elles se présentaient.

Il y a certains éléments qui permettent de savoir qu'une bagarre est sur le point d'éclater, où l'on sait immédiatement qu'une personne va vous faire du mal. Et John voit ça bien en amont, il anticipe ça bien avant tout le monde. A présent, il utilise le minimum de force possible. Ce n'était pas le cas avant. Avant, il tuait à tout va, pour un rien, en un claquement de doigt. Mais désormais, le premier coup de feu qu'il va tirer sera un avertissement...

 

Nous avons rencontré une équipe du SEAL et ces mecs sont des experts en tir, autant avec la main gauche qu'avec la droite. J'ai tiré à 6 mètres sur une cible et fait un trou et l'un des hommes a pris mon arme et a tiré : en plein dans le trou que j'avais fait... Il a tiré pile dedans ! Puis, il a recommencé en se plaçant à différents angles...

C'est extraordinaire ce que ces hommes arrivent à faire. Un seul d'entre eux peut mettre à terre cinq hommes à une vitesse dingue. Les écouter et être parmi eux, à m'entraîner, à apprendre différentes techniques et divers scénarios possibles, a apporté plus de crédibilité à mon personnage. Il y avait Jim Caviezel, et maintenant vous voilà avec John Reese (rires).

 

Chez John Reese, il y a un peu un côté "Django Enchained". Il était un homme attaché et enfermé depuis des années et là, il se rebelle. Il n'est plus avec la CIA, ni avec aucune autre autorité, il s'est libéré de ceux qui l'emprisonnait et il mène sa propre mission. Il y a un vrai sens de la rébellion dans Person Of Interest, vous ne trouvez pas ?

C'est vrai. Personne ne peut l'acheter. L'argent et les biens matériaux n'ont pas d'importance pour lui. Il fait beaucoup mieux son boulot lorsqu'il n'est pas lié à tous ces trucs-là. Finch a, lui, plein d'argent et réalise, dans toute sa sagesse, que ce mec s'en moque et qu'il ne peut pas être acheté. Lui offrir un deuxième souffle de vie en lui laissant sauver des gens des mains d'individus malintentionnés, lui donner une seconde chance dans la vie, est plutôt cool.

 

Comment décrieriez-vous la relation entre Reese et Finch : s'agit-il plus d'un partenariat ou d'une amitié  ?

Humm... C'est un partenariat mais... Je ne pense pas que John ait les outils qu'il faut pour l'amitié. Je pense que c'est au public de décider ce qu'ils y voient. Il y a trop de secrets entre eux deux pour qu'ils puissent se laisser aller à partager leurs émotions (rires).

 

Ca va d'ailleurs très loin tous ses secrets. Les héros cachent des secrets au public et ils se cachent des secrets l'un l'autre !

Oui, il y a un côté doux-amer dans le fait qu'ils aient tous les deux tellement de secrets. Tellement de gens sont morts pour trouver ces secrets qu'ils ont tellement eu l'habitude de cacher aux autres. Il y a de la paranoia dans tout ça... C'est un duo très inhabituel. Mais, il y a des fois où l'on voit bien qu'ils partagent de très beaux moments mais la tristesse du monde dans lequel ils vivent [ne disparaît jamais]. Je pense que ça va continuer à se développer par la suite.

J'aime le fait que l'histoire contienne autant de mystères et j'en connais peu... Il y a une énigme en Reese et une en Finch.

 

Mais Finch connait plus de choses sur Reese que Reese en connaît sur Finch.

(Sur un air mystérieux) C'est ce que vous croyez... C'est ce que vous croyez... (rires)

 

Parlons un peu du tournage...

Parfois, je suis chanceux sur certaines prises. C'est arrivé qu'on me dise de dire mon texte d'une certaine manière et de répondre : "Hmm mais je ne le sens pas trop comme ça".

Mais j'essaie quand même et quand je vois le résultat, je me dis que je suis content d'avoir eu ce réalisateur parce que j'aurai loupé le coche de l'histoire (rires) !

 

Et justement comment avez-vous approché le rôle ? Reese est secret et c'est aussi quelqu'un qui parle très très bas, qui murmure, on sent presque sa douleur dans sa voix. Vous avez choisi de le faire s'exprimer ainsi ou c'était dans le script ?

Honnêtement, ça a commencé alors que je marchais dans la rue [lors d'une scène], j'avais Finch au téléphone et [je devais lui parler]. Et je me suis dit : "Bon si je parle super fort là, comme ça : "OK, JE VAIS TUER CE GARS LA-BAS ALORS !" Très fort. Tout le monde dans la rue va se dire : "Mais c'est qui ce mec qui se parle à lui-même au sujet d'un meurtre !" (Rires) Alors, je devais garder la voix basse et puis c'est devenu en quelque sorte très naturel pour le personnage. C'est comme ça que ça s'est passé, on était dehors dans le froid, sous la pluie et je devais essayer d'entendre mais je n'entendais rien.

Quand on tourne comme ça, je n'ai pas toujours le dialogue dans mon oreillette, je dois me souvenir de la ligne de Finch, attendre et dire la mienne pendant que je marche dans la rue. Et si je parle trop fort, c'est logique, les gens dans la rue vont finir par dire : "Tuez John Reese. Show is over". (Rires). C'est peut-être comme ça que ça va se terminer d'ailleurs, moi en train de parler fort et.... (rires).

 

"Person of Interest" est certainement le show le plus paranoiaque de la télévision. Il y a un élément fantastique dans le show mais tout ce qui s'y passe pourrait aisément se produire étant donné qu'on est de plus en plus  fiché et "surveillé". Est-ce que la série vous a rendu plus paranoiaque ?

Non. Enfin, je suis plus conscient que ce genre de choses existent. On commence à faire attention à certaines histoires, à ces Drones Predator qui volent au-dessus de nous, probablement aux Etats-Unis et qui espionnent leurs propres citoyens... C'est inquiétant d'apprendre aux infos qu'ils demandent même le droit de tuer des citoyens qui sont à l'étranger. Je commence à me dire que je ne devrais peut-être pas prendre l'avion (rires). Ils pourraient vouloir tuer "Jésus" (Rires)....

 

Si vous aussi, vous deviez recevoir un nombre correspondant à une personne, qu'est-ce que vous feriez ?

J'essaierais de les aider... Je vais faire une imitation de Christopher Walken pour vous. (Il imite Christopher Walken) "Si vous me mettez un bol de super pâtes devant moi, de la super nourriture française, je la mangerais ! Bien sûr que je vous aiderais !"

 

Un autre élément intéressant dans "Person of Interest", c'est l'absence d'histoire d'amour (pour le moment). On ne parle pas de ça. Et pourtant, l'amour est très présent dans la série, on le sent partout même si on n'en parle pas explicitement, notamment parce que Finch et Reese ont tous les deux perdu leur grand amour...

Je suis content que vous voyiez ça dans la série. Je pense que la longévité d'un show, que vous veniez de France, des Etats-Unis ou de n'importe où dans le monde, tient dans l'élément humain qu'elle offre. Je crois qu'il faut accorder de la valeur aux séries de qualité, tout particulièrement parce qu'elles touchent des millions de gens chaque semaine. Si vous faites un film et qu'il atteint 15 à 19 millions de personnes au box-office, c'est un succès, un hit. Mais, les séries [qui marchent] sont un hit chaque semaine. Elles touchent les gens tous les jours et de manière positive.

 


Source : Allociné
Propos recueillis parRaphaëlle Raux-Moreau (23/02/2013)

Ecrit par bedou 
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